Pollution de l'air en milieu urbain et impacts sanitaires
Question de :
M. Jérôme Guedj
Essonne (6e circonscription) - Socialistes et apparentés
M. Jérôme Guedj interroge Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, sur les conséquences sanitaires de la pollution atmosphérique dans les zones urbaines, notamment dans les grandes agglomérations exposées à des niveaux chroniques élevés de particules fines (PM2.5), de dioxyde d'azote (NO2) et d'ozone. Il l'interroge sur la prise en charge des pathologies associées, en particulier chez les enfants asthmatiques, les personnes âgées et les populations précaires. Il lui demande également de préciser les actions de sensibilisation sanitaire entreprises auprès du grand public, notamment dans les établissements scolaires et les structures médico-sociales.
Réponse publiée le 3 mars 2026
L'amélioration des connaissances vis-à-vis des impacts de la pollution atmosphérique sur la santé et la sensibilisation de la population à ces enjeux contribuent à une meilleure prise en charge des effets liés à la qualité de l'air. Bien que les effets des polluants atmosphériques sur la santé soient mieux documentés, de nouvelles données restent nécessaires afin d'étoffer les connaissances disponibles. Le ministère chargé de la santé mobilise en conséquence l'expertise des agences sanitaires afin d'améliorer les connaissances sur la mortalité et la morbidité liées à la pollution de l'air. Ainsi, Santé publique France actualise régulièrement ses estimations de l'impact de la pollution de l'air sur la santé, qui serait de 40 000 morts par an. L'agence a récemment estimé le coût de la pollution de l'air pour le système de santé, du fait des pathologies chroniques, mais également pour la société dans son ensemble. Ainsi, le coût de la pollution aux particules fines (PM2.5) a été chiffré à 12,9 milliards d'euros, tandis que le coût associé à la pollution au dioxyde d'azote s'élèverait à 3,8 milliards d'euros. L'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail travaille actuellement à documenter l'impact sanitaire des polluants émis lors des feux de végétation, des épisodes de brumes de sable, ou par le chauffage au bois, en lien avec le changement climatique. Ces expertises sont en cours. Le ministère chargé de la santé finance aux côtés de l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie et du centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement une formation à l'école des hautes études en santé publique intitulée « , l'évaluation quantitative d'impact sur la santé, un outil d'aide à la décision dans le cadre d'une politique d'amélioration de la qualité de l'air ambiant ». L'objectif de cette formation est de sensibiliser le personnel des services déconcentrés de l'Etat, des collectivités, mais aussi les décideurs aux enjeux attenants à la pollution atmosphérique et aux méthodes permettant de quantifier son impact sur la santé de la population. Enfin, la sensibilisation du grand public passe par l'organisation d'évènements tels que la journée nationale de la qualité de l'air, pilotée par le ministère chargé de l'écologie et à laquelle le ministère de la santé est associé. Cet évènement annuel organisé en octobre permet la tenue de nombreuses initiatives (conférences, webinaires, portes ouvertes…) destinées à l'information du grand public et des personnes vulnérables aux impacts d'une qualité de l'air dégradée.
Auteur : M. Jérôme Guedj
Type de question : Question écrite
Rubrique : Pollution
Ministère interrogé : Travail, santé, solidarités et familles
Ministère répondant : Santé, familles, autonomie et personnes handicapées
Dates :
Question publiée le 1er juillet 2025
Réponse publiée le 3 mars 2026