Question écrite n° 8153 :
Fuite des chercheurs français à l'étranger et attractivité de la recherche

17e Législature

Question de : Mme Michèle Tabarot
Alpes-Maritimes (9e circonscription) - Droite Républicaine

Mme Michèle Tabarot attire l'attention de M. le ministre auprès de la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur la fuite croissante de chercheurs français vers l'étranger, notamment dans les domaines des sciences du vivant, de la physique et des technologies numériques. Selon un rapport de l'OCDE publié en 2024, la France figure parmi les pays développés les plus touchés par la mobilité sortante des chercheurs, avec un solde migratoire négatif particulièrement marqué chez les jeunes docteurs. En 2023, près de 12 000 chercheurs français exerçaient à l'étranger, soit une hausse de plus de 15 % en dix ans. Les causes avancées sont multiples : conditions de travail jugées plus favorables, salaires plus attractifs. En effet, leurs rémunérations restent globalement inférieures à celles observées dans plusieurs pays européens comme l'Allemagne, les Pays-Bas ou la Suède bénéficiant d'un accès facilité aux financements et aux équipements. Elle souhaiterait donc savoir quelles mesures le Gouvernement envisage pour améliorer les conditions de travail des chercheurs, renforcer l'attractivité de la recherche française et limiter cette forme de fuite des talents.

Réponse publiée le 22 septembre 2026

L'attractivité de la recherche française est un enjeu majeur de politique publique, au cœur des missions du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace. A cet égard, il convient de rappeler la forte attractivité internationale de la France en matière d'accueil des doctorants. La France se classe au 4e rang mondial ; environ 35 % des doctorants inscrits en France sont de nationalité étrangère ou en mobilité internationale (contre une moyenne de 25 % dans l'Union européenne). L'enquête nationale sur le devenir des docteurs (portant sur les diplômés de 2020 interrogés en 2023) montre un taux d'insertion professionnelle de 92 %, avec, pour un grand nombre d'entre eux, un ou plusieurs contrats post-doctoraux en France avant de s'insérer durablement dans le secteur académique public ou la R&D privée. Pour soutenir l'attractivité de l'écosystème français de recherche, le ministère a mis en place ces dernières années un certain nombre de mesures en matière de revalorisation des rémunérations des chercheurs et enseignants-chercheurs, de sécurisation des doctorats et post-doctorats et plus largement d'attractivité de la carrière de chercheur. La loi de programmation de la recherche (LPR) 2021-2030 a prévu une enveloppe budgétaire progressive dédiée aux rémunérations des chercheurs et enseignants-chercheurs, telle que l'augmentation du salaire minimum des doctorants (revalorisé de près de 30 % entre 2020 et 2023 pour atteindre un plancher plus attractif dès l'entrée dans la carrière de chercheur) ou encore la revalorisation indemnitaire des chercheurs et enseignants-chercheurs en poste, ouvrant de nouvelles perspectives de carrière et de promotion. Le nouveau dispositif des chaires de professeur junior (CPJ) doit également être mentionné. Il a permis à plus de 800 jeunes scientifiques d'accéder à un financement dédié. L'ensemble des mesures de la LPR soutenant les métiers de la recherche s'élève ainsi à 3,2 Mds €. Ces mesures ont permis d'enrayer la tendance observée depuis plusieurs années : depuis 2019, le solde entre les départs et les arrivées de chercheurs en France s'est amélioré de manière constante.  Le programme "Choose France for Science", lancé au printemps 2025, doté de 100 M€ sur trois ans financés par le plan France 2030, s'intègre dans cette politique d'ensemble. Il a contribué à attirer à ce jour plus d'une cinquantaine de scientifiques de rang mondial dans des domaines scientifiques stratégiques. Il participe ainsi au renforcement de l'excellence de l'écosystème national de recherche et de la place de la France sur la scène scientifique internationale.

Données clés

Auteur : Mme Michèle Tabarot

Type de question : Question écrite

Rubrique : Recherche et innovation

Ministère interrogé : Enseignement supérieur et recherche (MD)

Ministère répondant : Enseignement supérieur, recherche et espace

Dates :
Question publiée le 1er juillet 2025
Réponse publiée le 22 septembre 2026

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