Question écrite n° 9139 :
Double imposition : situation des retraités français résidant en Italie

17e Législature
Question signalée le 19 janvier 2026

Question de : M. Emmanuel Maurel
Val-d'Oise (3e circonscription) - Gauche Démocrate et Républicaine

M. Emmanuel Maurel attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la situation particulièrement préoccupante des retraités français résidant en Italie, qui sont nombreux à être confrontés à des cas croissants de double imposition sur leurs pensions de retraite. En effet, il apparaît qu'à compter de 2021, l'administration fiscale italienne a profondément modifiée son interprétation de la convention fiscale franco-italienne du 5 octobre 1989, convention pourtant conclue afin de prévenir les situations de double imposition. Alors que les pensions françaises des retraités établis en Italie étaient historiquement imposées en France, la nouvelle lecture des dispositions conventionnelles par l'administration italienne impose désormais une imposition rétroactive de ces pensions, sur plusieurs années, avec des rappels fiscaux pouvant atteindre des montants très importants, sur lesquels s'ajoutent des pénalités et des intérêts de retard. Cette évolution brutale laisse ainsi des milliers de retraités français en Italie dans une situation d'insécurité juridique et financière : certains se voient réclamer jusqu'à 54 000 euros d'arriérés sur six ans, sans avoir reçu d'information préalable ni explications claires sur des recours possibles. Il lui demande donc quelles démarches ont été entreprises auprès des autorités italiennes pour régler ce différend. Il souhaite savoir si des négociations sont en cours pour assurer le respect de la convention fiscale et trouver une solution durable pour les retraités concernés.

Réponse publiée le 27 janvier 2026

Le ministère de l'Europe et des affaires étrangères (MEAE) est pleinement mobilisé, depuis plusieurs années, pour informer les résidents français en Italie des dispositions de la fiscalité italienne et de leurs obligations déclaratives auprès du fisc italien, quelle que soit la nature de leurs revenus. La convention fiscale entre la France et l'Italie, signée le 5 octobre 1989, détaille les méthodes de chaque Etat pour éviter la double imposition des contribuables. L'article 18 de cette convention prévoit une imposition partagée et non exclusive de ces retraites. Indépendamment des règles d'imposition prévues dans la convention fiscale, il appartient aux contribuables de satisfaire aux obligations déclaratives leur incombant, conformément aux droits internes italien et français. Plusieurs résidents français en Italie ont cependant méconnu cette règle et n'ont pas procédé aux obligations déclaratives vis-à-vis du fisc italien. L'approfondissement, notamment depuis 2019, du système d'échange automatique de données entre administrations fiscales des Etats membres de l'Union européenne a permis à l'administration fiscale italienne d'identifier les contribuables concernés. Depuis que des redressements ont été adressés aux contribuables concernés, un travail a été conduit par le MEAE, via le Consulat général de France à Rome, afin de déterminer l'étendue des redressements fiscaux. A cet effet, un questionnaire a été adressé aux retraités inscrits au registre des Français de l'étranger à deux reprises, en 2024 et en 2025. Sur cette base, le ministre délégué en charge du commerce extérieur et des Français de l'Etranger a établi à ce sujet avec le ministre italien délégué aux Finances, Maurizio Leo, lors de sa visite à Rome le 13 juin 2025, un dialogue étroit qui a permis d'aboutir à une avancée favorable pour les ressortissants français concernés. Une instruction du fisc italien datée du 23 juillet 2025 a en effet clarifié l'interprétation de la convention fiscale bilatérale de 1989 et demandé aux directions régionales et provinciales des services fiscaux l'annulation des pénalités assorties aux redressements fiscaux des Français résidents percevant une pension de retraite relevant de l'article 18 de la convention.  Des cas de non-respect de cette instruction par les services fiscaux italiens au niveau local lui ayant néanmoins été signalés, le ministre délégué a adressé un courrier à son homologue italien, le 23 septembre 2025, lui demandant de prêter attention aux difficultés rencontrées par certains de nos compatriotes dans la mise en œuvre de cette décision.  Le réseau diplomatique et consulaire français en Italie entretient un dialogue constant avec le collectif des retraités français en Italie concernant l'application des instructions transmises par les services fiscaux italiens. Selon le dernier état des lieux du collectif, transmis par l'intermédiaire du consul général de France à Rome, les difficultés concernant les remises de pénalités sont limitées à seulement quelques cas. 

Données clés

Auteur : M. Emmanuel Maurel

Type de question : Question écrite

Rubrique : Retraites : généralités

Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères

Ministère répondant : Europe et affaires étrangères

Signalement : Question signalée au Gouvernement le 19 janvier 2026

Dates :
Question publiée le 29 juillet 2025
Réponse publiée le 27 janvier 2026

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