Contraceptifs humanitaires : la France peut-elle éviter leur destruction ?
Question de :
M. Emmanuel Duplessy
Loiret (2e circonscription) - Écologiste et Social
M. Emmanuel Duplessy attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur l'imminente destruction, sur le territoire français, de stocks massifs de contraceptifs pourtant utilisables et recherchés par des acteurs humanitaires. Ces contraceptifs – principalement des implants et des dispositifs intra-utérins – financés par l'USAID pour une valeur d'environ 10 millions de dollars, sont actuellement entreposés à Geel, en Belgique et destinés à l'incinération en France. Pourtant, leur date de péremption court jusqu'en 2031 et plusieurs organisations internationales, telles que le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) ou MSI Reproductive Choices, se sont déclarées prêtes à les récupérer à leurs frais, pour les acheminer vers des pays à revenu faible ou intermédiaire où les besoins en santé sexuelle et reproductive sont immenses. La France, qui se revendique défenseuse des droits sexuels et reproductifs dans les instances internationales, ne peut tolérer d'être le théâtre d'un tel gaspillage médical et d'un sabordage logistique aux conséquences humaines graves. Cette destruction envoie un signal politique désastreux, au moment même où ces droits sont remis en cause dans de nombreux pays. Aussi, il demande au Gouvernement s'il compte intervenir, dans le cadre d'une initiative diplomatique avec ses partenaires européens, pour obtenir la suspension immédiate de cette destruction et faciliter la redistribution de ces produits par les ONG concernées. Il l'interroge également sur les mesures qu'il entend prendre pour réaffirmer la position de la France en faveur des droits reproductifs et s'assurer qu'aucune opération de ce type ne puisse être reconduite sur le territoire français sans évaluation éthique et sanitaire préalable.
Réponse publiée le 16 décembre 2025
La France s'est pleinement mobilisée, en soutien à ses partenaires belges, pour localiser ces stocks de contraceptifs et empêcher leur destruction. Fin août, le ministère belge des affaires étrangères a indiqué que le transfert des contraceptifs vers la France pour destruction n'était plus à l'ordre du jour et que les mesures étaient prises en Belgique pour empêcher la destruction des stocks. La France continue à suivre la situation avec la plus grande vigilance. L'accès aux services et produits de santé sexuelle et reproductive de qualité est en effet la première priorité de notre stratégie internationale en matière de droits et santé sexuels et reproductifs (2023-2027). Notre diplomatie reste pleinement mobilisée pour la défense de ces droits, comme l'atteste l'accueil, à Paris les 22 et 23 octobre derniers, de la 4e conférence ministérielle des diplomaties féministes et l'adoption d'une déclaration politique réaffirmant avec force le soutien international à ces droits.
Auteur : M. Emmanuel Duplessy
Type de question : Question écrite
Rubrique : Contraception
Ministère interrogé : Europe et affaires étrangères
Ministère répondant : Europe et affaires étrangères
Dates :
Question publiée le 5 août 2025
Réponse publiée le 16 décembre 2025