Manque d'enseignants et non-recours aux listes complémentaires
Question de :
M. Thierry Tesson
Nord (17e circonscription) - Rassemblement National
M. Thierry Tesson attire l'attention de Mme la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur la situation préoccupante des candidats inscrits sur liste complémentaire au concours de professeur des écoles. Chaque année, plusieurs dizaines de jeunes diplômés, ayant obtenu un master et réussi les épreuves d'admissibilité et d'admission, figurent sur liste complémentaire. Or, malgré les besoins criants en enseignants dans les écoles publiques, ces candidats ne sont pas systématiquement appelés, voire restent sans affectation à la rentrée. En 2024, dans certaines académies, l'intégralité de la liste complémentaire a été recrutée en urgence pour faire face aux besoins. En revanche, à la rentrée 2025, aucune embauche n'a été effectuée, ni sur liste complémentaire ni parmi les contractuels pourtant volontaires. Cette situation entraîne un double paradoxe : d'un côté, des classes manquent d'enseignants et de l'autre, des jeunes formés et passionnés se voient privés d'exercice et de perspectives, alors même que le métier souffre d'une crise d'attractivité. Il lui demande donc quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour garantir que les listes complémentaires soient pleinement mobilisées afin de répondre aux besoins de l'école publique ; quelles perspectives sont offertes aux jeunes contractuels qui souhaitent s'engager durablement dans le métier ; et enfin comment il compte mettre fin à ces incohérences, sources de découragement pour des générations d'enseignants potentiels, alors que l'éducation nationale traverse une crise d'attractivité professionnelle sans précédent.
Réponse publiée le 9 décembre 2025
Le volume des postes offerts aux concours de recrutement des professeurs du premier degré public est déterminé dans le respect des emplois votés en loi de finances au regard d'un certain nombre de critères, tels que les prévisions d'effectifs d'élèves et le nombre de départs à la retraite dans chaque académie. La répartition des postes offerts par académie est donc le résultat d'une projection au plus près des besoins des académies et des capacités d'accueil identifiés. Chaque concours donne lieu à l'établissement d'une liste principale classant par ordre de mérite les candidats déclarés aptes par le jury. Si la liste principale est complète, le jury peut établir une liste complémentaire de candidats afin de permettre le remplacement des candidats inscrits sur la liste principale qui ne peuvent pas être nommés ou, éventuellement, de pourvoir des vacances d'emplois survenant dans l'intervalle de deux concours. Les concours de recrutement des professeurs des écoles étant des concours académiques, les listes complémentaires sont établies par chaque académie. La mobilisation des listes complémentaires est ainsi adaptée au regard notamment de la consommation des emplois et des postes vacants de chacune d'entre elles à la rentrée scolaire. Par ailleurs, la répartition des postes au plus près des besoins des académies tend à faire augmenter le nombre de postes sur la liste principale et par conséquent à réduire le besoin de constitution de listes complémentaires (357 inscriptions sur listes complémentaires en 2025 contre 1 098 en 2024). La mobilisation de ces dernières se limite dorénavant strictement à l'anticipation des désistements prévisibles sur la liste principale. De même, le recours à la ressource contractuelle a été réduit afin de privilégier des personnels titulaires, conformément aux lignes directrices de gestion stratégiques ministérielles. Ainsi, sur les 9 847 postes offerts aux concours de la session 2025, 90,6 % ont été couverts par la liste principale (contre 86,9 % en 2024). Ce meilleur taux de rendement du concours a justifié de restreindre les inscriptions sur liste complémentaire à 357 lauréats. Enfin, il convient d'ajouter que la réforme de la formation initiale des enseignants devrait permettre de poursuivre cette dynamique d'amélioration dans l'estimation et la couverture des besoins. En donnant l'accès aux concours dès le niveau bac+3 et en offrant une formation rémunérée sur deux ans, la réforme permettra d'élargir le vivier de candidats potentiels, notamment au bénéfice des contractuels souhaitant s'engager durablement dans le métier.
Auteur : M. Thierry Tesson
Type de question : Question écrite
Rubrique : Enseignement maternel et primaire
Ministère interrogé : Éducation nationale, enseignement supérieur et recherche
Ministère répondant : Éducation nationale
Dates :
Question publiée le 9 septembre 2025
Réponse publiée le 9 décembre 2025