Question écrite n° 9914 :
ÉVARS : enseignants sous pression face aux polémiques d'extrême droite

17e Législature

Question de : M. Raphaël Arnault
Vaucluse (1re circonscription) - La France insoumise - Nouveau Front Populaire

M. Raphaël Arnault interroge Mme la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur les pressions des réseaux d'extrême droite contre le nouveau programme d'Éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (ÉVARS). Depuis la publication du nouveau programme, différents réseaux d'extrême droite se sont organisés pour faire échouer sa mise en œuvre. Parmi eux, plusieurs collectifs et associations de parents d'élèves, qui sont connus pour leur entrisme au sein de l'école pour propager des idées réactionnaires et contre les valeurs de la République. C'est notamment le cas d'un collectif, créé par un parti, dont les valeurs, fidèles à l'idéologie d'extrême droite, sont en totale contradiction avec celles de l'école républicaine. Ce réseau promeut des idées racistes, islamophobes et LGBTphobes, diffuse de fausses informations sur les contenus enseignés et relaie des discours affirmant que l'école serait gangrenée par le « wokisme » et « l'islamisation ». Ces réseaux lancent des campagnes de diffamation et de mauvaises informations à destination des parents, organisent des rassemblements devant les écoles et menacent des enseignants. Le nouveau programme d'ÉVAR dans les écoles, ainsi que celui d'ÉVARS dans les collèges et lycées, a été vivement critiqué par ces réseaux qui, depuis 2024, ont mené une véritable offensive pour empêcher sa mise en œuvre à la rentrée de septembre 2025. Par leurs relais médiatiques et politiques d'extrême droite, ainsi que par leur activisme, ils ont diffusé de nombreuses fausses informations à propos du programme. Parmi leurs accusations infondées, ils ont notamment prétendu que ce dernier enseignait des pratiques sexuelles aux élèves de primaire ou qu'il encourageait les transitions de genre. Ces attaques affaiblissent la capacité de l'État à combattre les violences physiques et sexuelles faites aux enfants, ainsi qu'à mener efficacement la lutte pour l'égalité entre les filles et les garçons, qui doit commencer dès le plus jeune âge. Ces réseaux sont pourtant très implantés, y compris dans les institutions, puisque ces réseaux ont pu organiser un colloque dans l'enceinte même du Sénat. Plusieurs de ces organisations ont même porté recours devant le Conseil d'État pour obtenir l'annulation du programme. Bien que le Conseil d'État ait validé la conformité du programme à la loi, les réseaux d'extrême droite poursuivent leurs campagnes de pression et de désinformation à son encontre. Au regard des méthodes utilisées pour imposer un climat de terreur dans les écoles à ce sujet, il lui demande quelles sont les mesures prises pour garantir la liberté d'enseignement et pour protéger les équipes enseignantes dispensant l'ÉVARS.

Réponse publiée le 3 mars 2026

Le programme d'éducation à la sexualité, qui se décline en deux volets – éducation à la vie affective et relationnelle à l'école maternelle et élémentaire (EVAR) et éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité au collège et au lycée (EVARS) –, est en cohérence avec le cadre législatif français et la convention internationale des droits de l'enfant. L'entrée en vigueur du programme d'EVAR/EVARS a reçu un accueil très majoritairement favorable au sein de la communauté éducative, y compris auprès des fédérations de parents d'élèves. Le ministère de l'éducation nationale redouble néanmoins de vigilance, en particulier en matière de protection de ses personnels quant aux propos tenus et relayés par certaines associations ou organisations et aux conséquences des campagnes de désinformation sur les contenus et modalités de mise en œuvre de cette éducation. Il a été demandé aux académies de signaler au ministère toute situation problématique de cette nature et de procéder systématiquement à un signalement sur la plateforme « Faits établissement », afin qu'une réaction concertée puisse être apportée par les services académiques, et au niveau national dans un second temps si cela s'avérait nécessaire. L'éducation à la sexualité est soumise à de nombreuses idées reçues que le ministère s'attache à déconstruire, en développant, notamment auprès des familles, une information claire et précise sur les enjeux auxquels cette éducation répond et sur les notions et compétences qu'elle permet d'aborder. De nombreuses ressources pédagogiques ont été mises en ligne sur le site du ministère afin de présenter les programmes par niveau d'enseignement. La lutte contre la désinformation est également assurée par la formation et l'accompagnement des personnels de l'éducation nationale. Le ministère propose des séminaires nationaux, déclinables en académie, ainsi que des modules de formation en auto-inscription via la plateforme de formation M@gistère. Une foire aux questions est également disponible sur la page « Mettre en œuvre le programme EVAR/EVARS » du site internet Éduscol.

Données clés

Auteur : M. Raphaël Arnault

Type de question : Question écrite

Rubrique : Enseignement

Ministère interrogé : Éducation nationale, enseignement supérieur et recherche

Ministère répondant : Éducation nationale

Dates :
Question publiée le 30 septembre 2025
Réponse publiée le 3 mars 2026

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