Question de : Mme Clémence Guetté
Val-de-Marne (2e circonscription) - La France insoumise - Nouveau Front Populaire

Mme Clémence Guetté interroge M. le ministre auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l'industrie et de l'énergie, sur l'avenir de l'aciérie d'Hagondange (Moselle). Le 11 août 2025, le métallurgiste Novasco, anciennement Ascometal, qui produit des aciers spéciaux depuis 1970, a été placé en redressement judiciaire pour la quatrième fois en quatre ans, menaçant ainsi 760 salariés et leurs familles. En 2024, la reprise de l'entreprise avait été organisée par l'État et assurée par le fonds d'investissement britannique Greybull. Ce dernier n'ayant pas assuré ses engagements d'investissement, la situation est désormais critique. Le 5 septembre 2025 était donc fixée la date limite pour le dépôt des offres de reprise concernant les quatre sites de l'entreprise : Hagondange (57), Custines (54), Saint-Étienne (42) et Leffrinckoucke (59). Deux offres de reprise et deux lettres d'intention ont été déposées, manifestant un intérêt pour tout ou partie des sites, à l'exception de celui d'Hagondange. Ce site historique, créé en 1930 par Renault, produit principalement des aciers destinés au secteur automobile. Il emploie 450 personnes et dispose d'un four électrique permettant de recycler des métaux usagés, contribuant ainsi à la production d'un acier moins émetteur de dioxyde de carbone. Pourtant, il est menacé de fermeture faute de repreneur, alors même que sa production pourrait être réorientée pour accompagner la bifurcation écologique. Cette situation s'inscrit dans un déclin préoccupant de la sidérurgie en France et en Europe. Selon la CFDT, le secteur a perdu 100 000 emplois directs en Europe en dix ans. En Moselle, là où se situe l'usine d'Hagondange, des usines d'ArcelorMittal ont déjà fermées à Gandrange en 2009 et à Florange en 2012. Ainsi, elle souhaite savoir ce que compte entreprendre le Gouvernement pour empêcher la fermeture du site d'Hagondange et sauver les emplois, et plus généralement pour inverser la trajectoire de déclin du secteur sidérurgique en France.

Réponse publiée le 9 juin 2026

Le groupe Novasco (ex-Ascométal) a été placé en redressement judiciaire le 11 août 2025 par le tribunal de commerce de Strasbourg. La procédure concernait quatre sites : Hagondange (Moselle), Custines (Meurthe-et-Moselle), Saint-Étienne (Loire) et Leffrinckoucke (Nord). Le tribunal a plusieurs fois repoussé la date limite de dépôt des offres afin de favoriser une reprise globale. À la clôture de l'appel d'offres le 3 novembre dernier, aucun candidat ne s'est positionné sur le site d'Hagondange, et seul le site de Leffrinckoucke a pu faire l'objet d'une reprise par le consortium d'investisseurs réunis autour de Julien Baillon, à la tête de la PME ardennaise Métal blanc. L'État s'est fortement mobilisé tout au long du processus de recherche de repreneur, aux côtés des représentants des salariés et des organes de la procédure, afin d'élargir le tour de table industriel. Cette mobilisation a permis l'examen approfondi de plusieurs pistes, mais aucune solution économiquement viable n'a pu émerger. Le groupe Novasco et le site d'Hagondange en particulier font face à des difficultés structurelles anciennes dans la filière des aciers spéciaux : sous-investissement chronique, fragilité de la trésorerie et dépendance au marché automobile. L'entreprise a connu quatre procédures de redressement judiciaire en quatre ans, révélant la faiblesse de son modèle industriel et financier. L'État a, de longue date, accompagné Ascométal dans ses difficultés financières et opérationnelles, tant dans le cadre de procédures amiables que collectives, avec pour objectifs constants la préservation de l'outil industriel et la sauvegarde de l'emploi. En juillet 2024, il a de nouveau apporté son soutien lors de la reprise de l'entreprise par Greybull Capital, devenue Novasco, en tenant ses engagements financiers à hauteur de 85 millions d'euros. Il a toutefois été constaté que Greybull n'a pas respecté ses engagements de financement, malgré des sollicitations répétées. Dans ce contexte, l'État a engagé en début d'année une action en responsabilité civile devant le tribunal des activités économiques de Paris afin que les responsabilités soient établies et que le préjudice subi, à ce stade évalué à 95 millions d'euros, soit réparé. Parallèlement, de nombreuses études ont été menées ces derniers mois pour identifier des scénarios de réouverture ou de reconversion de l'aciérie d'Hagondange. Ces analyses convergent : il faudrait plusieurs années et des investissements massifs pour retrouver un équilibre d'exploitation, dans un contexte où la majorité des clients historiques ont déjà sécurisé d'autres sources d'approvisionnement. Face à cette situation, le Gouvernement agit selon deux priorités : – poursuivre l'accompagnement des 450 salariés concernés par la fermeture du site, à travers un dispositif renforcé de reclassement, de formation et de reconversion ; – soutenir la reconversion du site en lien étroit avec les collectivités territoriales et les acteurs économiques locaux, afin de mobiliser les atouts du site au service de futurs projets (industriels ou technologiques).

Données clés

Auteur : Mme Clémence Guetté

Type de question : Question écrite

Rubrique : Industrie

Ministère interrogé : Industrie et énergie

Ministère répondant : Industrie

Dates :
Question publiée le 30 septembre 2025
Réponse publiée le 9 juin 2026

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