Question de : Mme Bénédicte Auzanot
Vaucluse (2e circonscription) - Rassemblement National

Mme Bénédicte Auzanot alerte M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur les dysfonctionnements graves affectant la vie quotidienne des habitants de Gravelines. Des élèves de la commune se voient empêchés d'accéder aux bus scolaires en raison de la surcharge des lignes de transport public due à la présence massive de migrants. Les témoignages rapportent non seulement des bousculades et un manque de places, mais également des incidents répétés : paroles malveillantes, intrusions dans les jardins privés, tentatives de vol et regards insistants envers les jeunes filles, poussant certains résidents à envisager de quitter la zone. Cette situation s'inscrit dans un contexte plus large de tensions récurrentes à Gravelines et dans les environs. Ces faits soulèvent des interrogations sur l'efficacité des dispositifs actuels en matière de gestion migratoire et de protection des populations locales. Mme la députée demande donc à M. le ministre quelles mesures préventives spécifiques ont été mises en place ou sont prévues dans l'immédiat pour renforcer la capacité des transports publics dans la région de Gravelines-Dunkerque, afin d'assurer l'accès prioritaire aux élèves et aux résidents, tout en contrôlant les flux migratoires sur ces lignes. Quelles actions répressives ont été engagées contre les auteurs d'incidents signalés, notamment en matière de renforts policiers, de démantèlement de campements informels et de poursuites judiciaires ? Elle lui demande également quelles dispositions seront prises pour anticiper et atténuer de tels impacts sociétaux à l'échelle nationale, particulièrement dans les zones côtières sous pression migratoire.

Réponse publiée le 10 mars 2026

Depuis plusieurs mois, la région de Dunkerque est confrontée à une hausse sensible du nombre de migrants. Ces étrangers, souvent en attente d'une opportunité de traversée vers le Royaume-Uni, circulent régulièrement entre les campements informels, les structures d'aide humanitaire et les points du littoral pouvant offrir une occasion de traverser clandestinement le bras de mer séparant la France des côtes britanniques. Dans l'agglomération de Dunkerque, les transports publics sont devenus un moyen de déplacement privilégié pour ces personnes, en particulier, du fait de sa gratuité, le réseau de transports en commun de la communauté urbaine de Dunkerque. Certaines lignes d'autobus ont ainsi pu apparaître saturées par un afflux important de migrants, notamment à certaines heures. Il en est ainsi, par exemple, de la ligne C4 du réseau reliant Dunkerque à Gravelines via l'arrêt « Puythouck », tout proche d'un campement illicite. Bien que la majorité des incidents signalés ne constitue pas des infractions et ne relève notamment pas de faits de violences, la présence en nombre de migrants, parfois accompagnée de tensions verbales ou d'attitudes perçues par certains voyageurs comme intrusives, alimente un sentiment d'insécurité chez certains. Face à cette situation, la communauté urbaine de Dunkerque a doublé la ligne C4 et mis en place des médiateurs. L'État a également pris des mesures. Ainsi, la brigade de sécurité des transports publics du commissariat de Dunkerque assure quotidiennement une présence visible sur les lignes et aux principaux arrêts fréquentés par les migrants. Afin de rassurer les usagers et de prévenir tout comportement de nature à provoquer des troubles, cette brigade a été renforcée par des réservistes opérationnels de la police nationale. Le nombre de patrouilles quotidiennes dans les autobus a ainsi pu être augmenté. En tout état de cause, la lutte contre l'immigration clandestine est une des priorités du ministre de l'intérieur. Les préoccupations que la situation migratoire peut susciter parmi les habitants sont également prises en compte. Pour assurer ses missions en matière d'immigration clandestine mais aussi ses missions de sécurité du quotidien et de lutte contre la criminalité organisée, la direction interdépartementale de la police nationale du Nord peut s'appuyer sur plus de 5 500 policiers, auxquels s'ajoutent plus de 900 réservistes.

Données clés

Auteur : Mme Bénédicte Auzanot

Type de question : Question écrite

Rubrique : Sécurité des biens et des personnes

Ministère interrogé : Intérieur

Ministère répondant : Intérieur

Dates :
Question publiée le 30 septembre 2025
Réponse publiée le 10 mars 2026

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