Site Mitsubishi Chemical Advanced Materials implanté à Balan, dans l'Ain
Question de :
M. Romain Daubié
Ain (2e circonscription) - Les Démocrates
M. Romain Daubié attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur la situation particulièrement préoccupante des salariés du site de la société Mitsubishi Chemical Advanced Materials implanté dans la commune de Balan, dans l'Ain. Le 16 mars 2026, la direction de cette filiale du groupe Mitsubishi Chemical Group a annoncé un projet de cessation totale d'activité, entraînant la fermeture définitive du site et la suppression de 33 emplois. Cette décision intervient alors même que le groupe affiche, à l'échelle mondiale, des résultats financiers particulièrement solides. Les salariés alertent sur plusieurs points particulièrement préoccupants. Ils dénoncent, d'une part, le caractère dérisoire des mesures d'accompagnement financier au regard des capacités financières considérables du groupe ; ils signalent, d'autre part, des méthodes de gestion jugées comme inacceptables. Enfin, ils déplorent l'absence de véritables perspectives de reclassement ou de formation, faisant peser une menace directe sur le bassin d'emploi de Montluel, dans l'Ain, qui risque de perdre des compétences techniques essentielles. Dans un contexte économique et géopolitique incertain, cette fermeture suscite une vive inquiétude quant à l'avenir industriel du territoire et à la protection des salariés concernés. Aussi, il l'interroge sur les mesures qu'il entend prendre pour garantir le respect des obligations sociales du groupe envers les salariés, favoriser la mise en place d'un plan de sauvegarde de l'emploi à la hauteur des moyens du groupe et, plus largement, prévenir ce type de décisions de fermeture dans des entreprises financièrement prospères afin de préserver l'emploi industriel en France.
Réponse publiée le 3 novembre 2026
L'attention du Gouvernement a été attirée sur la situation de l'entreprise Mitsubishi Chemical Advanced Materials située à Balan dans le département de l'Ain suite à l'annonce en mars 2026 du projet de cessation totale d'activité, entraînant la fermeture définitive du site et la suppression de 33 emplois. Le Gouvernement regrette profondément cette décision brutale prise par le groupe Mitsubishi de fermeture de cette entreprise en 3 phases successives de fin avril au 1er semestre 2027. Dès l'annonce de celle-ci, les services de l'État au niveau local, et notamment la Direction Départementale de l'Emploi, du Travail et des Solidarités (DDETS de l'Ain), ont été mobilisés pour veiller au respect de ses obligations légales par l'entreprise en matière de dialogue social et de mesures d'accompagnement et de reclassement des salariés dont le licenciement était envisagé. Par ailleurs, des échanges ont été organisés, à leur demande, avec les représentants du personnel. Il doit être rappelé que, compte tenu de son effectif en France, cette entreprise n'est pas tenue à l'obligation de mettre en œuvre un Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) ni à rechercher un repreneur (Loi Florange). Cependant, les engagements de l'entreprise, le dialogue social ainsi que l'action de l'administration ont permis à ce que les salariés bénéficient de mesures d'accompagnement, de reclassement et de reconversion de qualité. Ainsi, les salariés licenciés pourront bénéficier d'un congé de reclassement de 12 à 15 mois indemnisé à 70%, de l'accompagnement par une cellule de reclassement, d'un budget formation individuel de 7 500 € HT avec prise en charge à hauteur de 1 000 € des frais de déplacement, d'une aide à la création/reprise d'entreprise de 7 500 €, d'une indemnité de reclassement externe rapide et, enfin, d'une indemnité supra-légale de licenciement variable selon l'ancienneté des salariés. Le Comité Social et Economique de l'entreprise a d'ailleurs émis un avis favorable sur ces différentes mesures le 13 avril 2026. Le Gouvernement et les services locaux de l'État, en lien étroit avec l'entreprise et les acteurs territoriaux, veilleront au suivi du reclassement des salariés mais aussi aux solutions qui pourront être identifiées pour maintenir une empreinte industrielle et les emplois associés sur le site laissé ainsi vacant par l'entreprise.
Auteur : M. Romain Daubié
Type de question : Question écrite
Rubrique : Industrie
Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Ministère répondant : Industrie
Dates :
Question publiée le 28 avril 2026
Réponse publiée le 3 novembre 2026
