Dégrèvement de la taxe d'assainissement pour les brasseurs
Publication de la réponse au Journal Officiel du 20 octobre 2026, page 9742
Question de :
M. Jérôme End
Moselle (4e circonscription) - Droite Républicaine
M. Jérôme End attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur les difficultés rencontrées par les brasseurs concernant le paiement de la taxe d'assainissement. Les brasseurs sont actuellement tenus de respecter les réglementations en matière d'assainissement, y compris le paiement de la taxe d'assainissement. Or une partie conséquente de l'eau consommée via le compteur des brasseries repart directement dans la composition de la bière et ne passe par aucun réseau d'assainissement. Il semblerait donc juste et pertinent que le montant de leur taxe d'assainissement tienne compte de la quantité d'eau contenue dans la bière produite. Les exploitants agricoles au sein de la filière laitière bénéficient par exemple d'une exemption totale de l'assainissement sur l'eau destinée à abreuver le bétail, cette eau étant présente dans le lait et les effluents liquides gérés hors assainissement collectif. Les producteurs de bière souhaiteraient eux aussi pouvoir bénéficier d'un dispositif de dégrèvement de leur taxe d'assainissement en fonction de la quantité de bière produite et par conséquent du volume d'eau utilisé pour la produire, au lieu de payer l'assainissement sur la totalité de l'eau consommée. L'État percevant chaque mois, via les douanes, les taxes d'accises sur les volumes de bière produits, ceux-ci sont évalués très précisément : le comptage du volume d'eau à prendre en compte pour calculer le dégrèvement pourrait donc se faire aisément à partir des déclarations de production faites à l'administration fiscale. Cela constituerait une mesure de justice et de bon sens, mais aussi un signal fort de soutien à destination des 2 500 microbrasseries qui contribuent à la vitalité économique du pays et qui procurent 8 000 emplois aux citoyens. Il lui demande donc quelles mesures il entend prendre en ce sens.
Réponse publiée le 20 octobre 2026
Cette redevance, prévue à l'article L. 213-10-4 du code de l'environnement, est assise sur le volume d'eau facturé à toute personne abonnée à un service d'eau potable. Elle permet ainsi d'accentuer le signal-prix associé à la consommation d'eau potable, sans distinguer entre consommation domestique et consommation non domestique. Sont toutefois exclus de cette assiette d'imposition les volumes d'eau faisant l'objet d'un comptage spécifique qui sont utilisés pour l'élevage. Cette exemption est issue d'un amendement sénatorial au projet de loi de finances pour 2024 qui entendait éviter qu'une charge fiscale nouvelle ne pèse de façon disproportionnée sur les éleveurs sans que ceux-ci n'aient pu prévoir des solutions alternatives pour l'abreuvement du bétail. Le fait que l'eau potable facturée soit ou non rejetée dans un réseau d'assainissement est en revanche indifférent pour le bénéfice de cette exemption ou le calcul de la redevance sur la consommation d'eau potable. Par conséquent, instaurer, au bénéfice des seuls brasseurs, un mécanisme de déduction tenant compte du volume d'eau utilisé pour produire de la bière serait incohérente avec la logique et le fonctionnement d'ensemble de la redevance sur la consommation potable. Le Gouvernement accorde néanmoins la plus grande attention à la santé économique de ce secteur dynamique mais fragile au regard du nombre élevé de micro-entreprises qui le compose. Pour cette raison et malgré le contexte budgétaire contraint qui est celui de notre pays, il entend maintenir le régime des petits producteurs qui permet d'exonérer de moitié l'accise sur les alcools due par les opérateurs produisant moins de 200 000 hectolitres par an.
Auteur : M. Jérôme End
Type de question : Question écrite
Rubrique : Impôts et taxes
Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Ministère répondant : Action et comptes publics
Signalement : Question signalée au Gouvernement le 20 juillet 2026
Dates :
Question publiée le 12 mai 2026
Réponse publiée le 20 octobre 2026
