Question de : M. Thierry Perez
Isère (10e circonscription) - Rassemblement National

M. Thierry Perez alerte M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur la situation particulièrement préoccupante du centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier et plus particulièrement de son quartier maison d'arrêt, confronté à une surpopulation carcérale devenue critique et à une multiplication des incidents de sécurité. Alors que la capacité théorique du quartier de la maison d'arrêt est de 190 places, celui-ci héberge actuellement près de 440 personnes détenues, soit un taux d'occupation avoisinant les 220 %. Cette situation se traduit notamment par la présence de plus de 90 matelas au sol, de nombreuses cellules occupées par trois ou quatre détenus malgré une superficie limitée, ainsi que par une dégradation continue des conditions de détention. Cette surpopulation exerce une pression considérable sur les personnels pénitentiaires, qui doivent faire face à une augmentation sensible des violences, des tensions et des conflits quotidiens. Les agents de surveillance comme les personnels d'encadrement signalent un état de fatigue chronique résultant de la gestion permanente des incidents, faisant craindre une hausse des arrêts de travail et une fragilisation durable du fonctionnement de l'établissement. Par ailleurs, cette saturation compromet gravement les missions de réinsertion confiées à l'administration pénitentiaire. L'accès aux activités éducatives, sportives, culturelles et professionnelles devient de plus en plus difficile pour les personnes détenues, réduisant les perspectives de préparation à la sortie et de prévention de la récidive. À cette situation déjà préoccupante s'ajoute l'augmentation spectaculaire des livraisons illicites par drones. Selon les personnels, ces survols sont désormais quasi quotidiens et permettent l'introduction d'objets prohibés en détention, notamment des téléphones portables et des stupéfiants. Les équipements actuellement disponibles apparaissent insuffisants pour répondre à cette menace : brouilleurs devenus obsolètes, dispositifs de vidéosurveillance inadaptés, miradors vieillissants et angles de surveillance limités. Les chiffres communiqués par les représentants des personnels illustrent cette dégradation : plus de 1 200 téléphones portables découverts en 2025 contre moins de 800 l'année précédente, près de 300 saisies de produits stupéfiants et une hausse très significative des comptes rendus d'incidents. Les personnels alertent également sur le risque croissant d'introduction d'armes au sein de l'établissement, avec des conséquences potentiellement dramatiques pour la sécurité des agents comme des détenus. Dans ce contexte, les projets actuellement envisagés consistant à créer cinquante places supplémentaires sous forme de structures modulaires apparaissent, selon les personnels concernés, insuffisants pour répondre à la situation structurelle de surpopulation que connaît l'établissement. Plusieurs pistes alternatives sont évoquées localement, notamment la création d'un quartier de fin de peine ou d'une structure d'accompagnement vers la sortie permettant un désengorgement plus efficace de la maison d'arrêt. Ainsi, il lui demande respectueusement quelles mesures urgentes le Gouvernement entend mettre en œuvre afin de restaurer des conditions de travail compatibles avec les exigences de sécurité et de continuité du service public pénitentiaire au centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier. Il souhaite notamment savoir si le Gouvernement envisage le renforcement des effectifs, la modernisation des dispositifs de lutte contre les livraisons par drones, l'installation de filets anti-intrusion, l'amélioration des équipements de surveillance, ainsi que la création de capacités supplémentaires réellement adaptées à la situation exceptionnelle de surpopulation que connaît cet établissement.

Réponse publiée le 20 octobre 2026

Le ministère de la Justice poursuit son engagement afin de lutter contre la surpopulation carcérale, qui dégrade à la fois les conditions de travail des personnes pénitentiaires et les conditions de détention des personnes détenues, empêchant de lutter efficacement contre la récidive. Le quartier de la maison d'arrêt (MA) du centre pénitentiaire (CP) de Saint-Quentin-Fallavier connait actuellement un taux d'occupation de 204,6%. L'établissement compte 101 matelas au sol au 10 août 2026. Pour accroître la capacité des établissements pénitentiaires et afin de remédier à la surpopulation carcérale, plusieurs programmes immobiliers ont été lancés. Les contraintes budgétaires obligent toutefois à hiérarchiser ces projets. Le CP de Saint-Quentin-Fallavier est concerné par un projet d'extension du quartier de semi-liberté (QSL), édifié hors enceinte en 2005, en vue de la création de 50 places supplémentaires. Une étude recense actuellement les contraintes liées à cette implantation et ce projet devrait aboutir début 2028. Le taux de couverture des postes de personnel de surveillance au sein du CP de Saint-Quentin-Fallavier s'élève à 91,82 %, soit 146 postes occupés sur un effectif de référence de 159 postes, au 6 août 2026. Il se situe au-dessus de la moyenne de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Lyon qui s'élève à 88,60 % et de la moyenne nationale (89,07 %). Dans le cadre de la mobilité, huit surveillants pénitentiaires ont rejoint le personnel de surveillance du CP de Saint-Quentin-Fallavier à partir du 1er septembre 2026. L'établissement dispose de multiples dispositifs dédiés à la lutte contre la détention d'objets illicites. Il est ainsi équipé d'un brouilleur anti-drone opérationnel depuis octobre 2023, de brouilleurs de téléphonie mobile, ainsi que d'un portique de détection. Le système de vidéosurveillance existant sera, quant à lui, prochainement renforcé et des travaux d'extension du réseau de caméras permettront de couvrir les zones actuellement non surveillées. Le début des travaux est prévu pour 2027. Des fouilles sont également organisées avec le concours des équipes régionales d'intervention et de sécurité (ERIS) et du personnel de l'unité cynotechnique. La DGAP oeuvre enfin à la couverture des cours de promenade dans l'ensemble des établissements pénitentiaires. Déjà 51 structures ont bénéficié de ces travaux de couverture.

Données clés

Auteur : M. Thierry Perez

Type de question : Question écrite

Rubrique : Lieux de privation de liberté

Ministère interrogé : Justice

Ministère répondant : Justice

Dates :
Question publiée le 16 juin 2026
Réponse publiée le 20 octobre 2026

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