Inscription des amendes forfaitaires délictuelles au casier judiciaire - suites
Question de :
M. François Jolivet
Indre (1re circonscription) - Horizons & Indépendants
M. François Jolivet attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur les suites données à sa question n° 14425 du 21 avril 2026 relative à l'inscription des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) pour usage de stupéfiants au casier judiciaire national. Dans sa réponse publiée le 30 juin 2026, le ministère a confirmé que, si la loi prévoit bien l'enregistrement des AFD au casier judiciaire, celui-ci n'est toujours pas effectif près de huit ans après les premiers échanges techniques engagés dès octobre 2018 entre le service du Casier judiciaire national et l'ANTAI. Cette carence, désormais imputée à la mise en service du système ASTREA annoncée pour la fin de l'année 2026, a pour effet concret qu'aucune AFD prononcée depuis la généralisation du dispositif en 2020 ne laisse de trace consultable, privant les parquets de toute capacité d'appréciation de la réitération et vidant de sa portée dissuasive une réponse pénale pourtant présentée comme prioritaire dans la lutte contre le narcotrafic. Il relève par ailleurs que la réponse ministérielle ne porte que sur la retranscription des AFD sur les bulletins destinés aux autorités judiciaires, sans se prononcer sur leur inscription au bulletin n° 2, accessible à certaines administrations et à certains employeurs soumis à obligation de vérification, ni sur l'évaluation du taux de réitération demandée. Il lui demande en conséquence de préciser, premièrement, si le calendrier de mise en service d'ASTREA à la fin de l'année 2026 et d'enregistrement effectif des AFD en 2027 est confirmé et quels jalons intermédiaires permettront au Parlement d'en suivre l'exécution ; deuxièmement, si les AFD prononcées antérieurement à la mise en service d'ASTREA feront l'objet d'une reprise de stock et d'un enregistrement rétroactif au casier judiciaire, ou si elles demeureront définitivement invisibles ; troisièmement, si le Gouvernement entend, au-delà de la seule inscription au bulletin n° 1, engager une évolution législative permettant une mention au bulletin n° 2, le cas échéant temporaire et effaçable en l'absence de réitération ; et enfin, si des travaux statistiques sont engagés pour mesurer le taux de réitération parmi les personnes ayant fait l'objet d'une AFD, donnée indispensable à l'évaluation de l'efficacité du dispositif.
Réponse publiée le 25 août 2026
L'enregistrement des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) au casier judiciaire national (CJN) doit être réalisé par des transmissions automatisées entre le système d'enregistrement et de gestion des condamnations pénales ASTREA et les services de l'agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI) et de la direction générale des finances publiques (DGFIP). La mise en service opérationnelle complète du système ASTREA en remplacement du système historique NCJ-V2, dont l'obsolescence technique ne permettait pas le traitement automatisé des AFD, est actuellement fixée à la fin de l'année 2026 ou au début de l'année 2027. Plusieurs ateliers de travail avec l'ANTAI et la DGFIP sont intervenus aux deuxième et troisième trimestres 2026. Ils ont permis de cerner les contraintes de chaque direction et de poser les bases de travail relatives au périmètre et prérequis techniques d'une mise en relation future entre les systèmes d'information de la DGFIP, de l'ANTAI et du CJN. Ce projet constitue une priorité pour les équipes de développement informatique du ministère de la Justice pour l'année 2027. L'enregistrement des amendes forfaitaires délictuelles des personnes physiques au casier judiciaire est ainsi planifié pour fin 2027. Il n'est pas prévu, à ce stade, d'opération de reprise du stock. Une telle opération serait en effet particulièrement complexe, ce qui conduirait à allonger considérablement les délais pour mettre en service l'enregistrement des AFD au casier judiciaire. S'agissant de l'inscription des AFD au bulletin numéro 2 (B2) du casier judiciaire, celle-ci a été prévue dans le cadre du projet de loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l'ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens, texte adopté le 21 juillet 2026. Sous réserve de la décision que le Conseil constitutionnel, saisi pour ce texte, rendra, la question de l'inscription au B2 des AFD sera intégrée aux développements informatiques prévus en 2027. Enfin, il n'existe pas de travaux statistiques pour mesurer le taux de réitération parmi les personnes ayant fait l'objet d'une AFD, les services du ministère de la Justice n'ayant pas accès à la base de données de l'ANTAI.
Auteur : M. François Jolivet
Type de question : Question écrite
Rubrique : Crimes, délits et contraventions
Ministère interrogé : Justice
Ministère répondant : Justice
Dates :
Question publiée le 14 juillet 2026
Réponse publiée le 25 août 2026