Question écrite n° 17686 :
Modalités de mise en oeuvre de la réévaluation des bases de la taxe foncière

17e Législature

Question de : M. Frédéric Boccaletti
Var (7e circonscription) - Rassemblement National

M. Frédéric Boccaletti interroge M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique sur les modalités de mise en œuvre de la réévaluation des bases de la taxe foncière. À l'automne 2025, le Gouvernement avait annoncé une réforme visant à fiabiliser les bases cadastrales servant au calcul de la taxe foncière. Cette réforme reposait sur le constat que les fichiers cadastraux, largement établis dans les années 1970, ne prennent pas toujours en compte certains éléments de confort aujourd'hui généralisés, tels que l'eau courante, l'électricité, les installations sanitaires ou encore le chauffage. L'objectif affiché était de procéder à une actualisation automatique de ces données afin de réévaluer les valeurs locatives cadastrales des logements concernés et d'accroître les recettes fiscales des communes et des établissements publics de coopération intercommunale. Toutefois, cette réforme a suscité de nombreuses inquiétudes, tant de la part des élus locaux que des associations de contribuables, en raison des hausses potentielles de taxe foncière qu'elle pouvait entraîner pour de nombreux propriétaires. Face à ces réactions, le Gouvernement a renoncé à une mise en œuvre nationale et uniforme et a engagé une concertation avec les associations représentatives des collectivités territoriales. Il apparaît désormais que cette opération de fiabilisation pourrait être conduite à l'initiative des seules collectivités volontaires, au moyen notamment de conventions conclues avec les directions départementales des finances publiques. Une telle évolution ferait peser un risque d'inégalités territoriales, les contribuables pouvant être soumis à des traitements différents selon la commune ou l'intercommunalité dans laquelle se situe leur bien. Elle pourrait également conduire, sous couvert d'équité fiscale, à une augmentation de la pression fiscale sur des propriétaires déjà fortement sollicités. À titre d'exemple, une telle opération représenterait, selon les estimations, un produit fiscal supplémentaire de l'ordre de 65 000 euros pour la commune de Six-Fours-les-Plages. En conséquence, il lui demande de préciser les intentions du Gouvernement quant au déploiement de ce dispositif. Il souhaite notamment savoir quelles garanties seront apportées afin d'éviter toute disparité entre les territoires, quelles seront les marges d'appréciation laissées aux collectivités locales, si les contribuables concernés feront systématiquement l'objet d'une information préalable et de voies de recours adaptées et si le Gouvernement entend garantir que cette opération de fiabilisation ne se traduise pas, dans les faits, par une nouvelle augmentation déguisée de la fiscalité pesant sur les propriétaires, à la seule charge des collectivités qui devront endosser l'impopularité de la réforme.

Réponse publiée le 6 octobre 2026

La mise à jour des bases foncières, utilisées comme bases d'imposition pour les impôts directs locaux (taxes foncières, taxe d'habitation sur les résidences secondaires notamment) constitue une des missions de l'administration fiscale. Dans le cadre de l'évaluation des locaux d'habitation, qu'il s'agisse de maisons ou d'appartements, certains éléments de confort, tels que la présence d'eau, d'électricité, du chauffage ou de sanitaires, sont notamment pris en compte. Ces éléments de confort sont traduits en équivalences superficielles, puis intégrés à la surface pondérée du local conformément aux dispositions de l'article 324 T de l'annexe III au code général des impôts. Une opération nationale de fiabilisation de ces données avait initialement été envisagée, de manière homogène sur l'ensemble du territoire hexagonal, pour les logements qui, au regard de leurs caractéristiques et leur classement, sont manifestement équipés des éléments de confort concernés. Toutefois, les modalités de mise en œuvre de cette opération ont suscité des questionnements à l'automne dernier. À l'issue de la concertation organisée le 26 novembre 2025 par les ministres Mmes Gatel et de Montchalin avec des représentants des élus locaux et des parlementaires, les modalités de cette opération ont été réexaminées. Il a ainsi été acté de privilégier une mise en œuvre décidée à l'échelon local, reposant sur une volonté partagée des collectivités territoriales concernées, à savoir les communes et les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), qui sont les plus à même de déterminer l'opportunité de mener ces opérations ainsi que le calendrier pertinent. La réalisation de cette opération est donc subordonnée à un échange dans le cadre du partenariat entre direction départementale ou régionale des finances publiques et collectivité, et d'un accord explicite de la collectivité concernée. Il a ainsi été proposé, après installation des nouveaux organes délibérants post élections municipales de mars dernier, au niveau local par les équipes des directions départementales et régionales des finances publiques, la réalisation de cette opération de fiabilisation. Pour les collectivités souhaitant que les résultats de cette opération soient pris en compte dans la taxation 2027, leur accord devra être formalisé avant la fin du mois de septembre 2026. Le dispositif continuera d'être proposé par la suite selon des modalités identiques, ce qui permettra aux collectivités qui le souhaitent de conduire ces travaux ultérieurement. Pour les territoires où cette opération sera conduite avec prise en compte dans les bases d'imposition 2027, les propriétaires concernés dont la variation de cotisation de taxe foncière induite est de 50 euros ou plus seront destinataires, en fin d'année 2026, d'un courrier transmis via leur espace « finances publiques » sur impots.gouv.fr, détaillant les opérations menées et leurs conséquences. Cette information permettra aux propriétaires de vérifier les informations prises en compte et, si celles-ci ne correspondent pas à la situation réelle de leur bien, de solliciter leur rectification auprès de l'administration fiscale avant l'établissement de la taxation 2027. Tous les propriétaires conservent également la faculté de présenter une réclamation selon les voies et délais de droit commun après réception de leur avis d'imposition. Cette opération s'inscrit pleinement dans l'objectif global de fiabilisation des bases fiscales, dans le respect des principes d'égalité devant l'impôt et d'équité entre les contribuables. Au-delà de la prise en compte des bases nouvelles liées aux constructions nouvellement achevées, la fiabilisation des éléments d'évaluation des biens existants est une préoccupation majeure de l'administration fiscale, donnant lieu à des actions de fiabilisation spécifiques définies au niveau local. La mise en œuvre décidée à l'échelon local, sur le basée sur un dialogue entre les collectivités et les services fiscaux, doit permettre de concilier la nécessaire fiabilisation des bases d'imposition avec la prise en compte des réalités et des enjeux propres à chaque territoire.

Données clés

Auteur : M. Frédéric Boccaletti

Type de question : Question écrite

Rubrique : Impôts locaux

Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique

Ministère répondant : Action et comptes publics

Dates :
Question publiée le 11 août 2026
Réponse publiée le 6 octobre 2026

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