Question écrite n° 6930 :
Marienia : préserver les terres agricoles et densifier la ville

17e Législature

Question de : M. Peio Dufau
Pyrénées-Atlantiques (6e circonscription) - Socialistes et apparentés

M. Peio Dufau alerte M. le ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation sur la situation du plateau agricole de Marienia à Cambo-les-Bains. Reconnues pour leur qualité agronomique majeure (sans pente, profondes, riches, labourables, etc.), les terres agricoles du plateau de Marienia constituent une ressource devenue trop rare au Pays Basque. Elles sont d'ailleurs actuellement pâturées par des brebis qui produisent du lait dans l'appellation Ossau-Iraty. Elles sont incluses dans le périmètre géographique de l'AOP piment d'Espelette et des cerisiers d'Itxassou et pourraient donc accueillir un autre usage agricole. Or, en 2019, le plan local d'urbanisme a changé la destination de ce terrain. Sur deux parcelles de 3,8 hectares, un promoteur immobilier et un opérateur de logements sociaux entendent construire 94 logements. Le permis de construire a été accordé, malgré l'identification du plateau de Marienia dans le SCOT comme espace de l'agro-pastoralisme à préserver, l'opposition unanime des acteurs du monde agricole et les réserves du préfet sur la « juste prise en compte de l'activité agricole ». Cette décision a provoqué une vive réaction de la population locale largement mobilisée contre le projet et pour la préservation de ces terres agricoles. Certes l'accès au logement sur la commune de Cambo-les-Bains, comme dans les communes alentours, est problématique. L'insuffisance de logements sociaux et donc la non-conformité avec la loi SRU, est le résultat d'un manque d'anticipation. D'autres leviers pour faciliter l'accès au logement existent et doivent faire l'objet d'efforts soutenus sur le territoire : lutter contre les logements vacants, favoriser la densification, inciter à la location de longue durée, encadrer les meublés de tourisme, etc. Cet exemple illustre la pression considérable qui continue de s'exercer sur le foncier agricole. Or l'agriculture en zone périurbaine répond à de multiples fonctions socio-économiques, paysagères et environnementales et devrait être préservée comme enjeu majeur d'aménagement du territoire. Il souhaite être informé des mesures que le Gouvernement entend mettre en place pour endiguer la consommation et le mitage des bonnes terres agricoles par l'urbanisation, pour préserver les zones agricoles et forestières et pour améliorer la densification urbaine.

Réponse publiée le 29 septembre 2026

La protection du foncier agricole est de longue date un enjeu majeur de l'aménagement des territoires et figure parmi les objectifs que les collectivités planificatrices doivent poursuivre dans le cadre de leur action en matière d'urbanisme. La politique de sobriété foncière promue par le Gouvernement participe à cet objectif. Elle constitue en effet l'un des moyens d'action pour limiter la consommation de surfaces agricoles au profit d'une mobilisation des espaces déjà construits. Sous l'impulsion des Gouvernements successifs, le législateur a progressivement renforcé l'intégration des enjeux de sobriété foncière dans les documents d'urbanisme. Ainsi, depuis la loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l'environnement, les documents d'urbanisme ont l'obligation d'analyser la consommation d'espaces naturels agricoles et forestiers sur une période de dix ans et de fixer un objectif de modération de la consommation de l'espace. Plus récemment, la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets a fixé l'objectif d'atteindre le « zéro artificialisation nette des sols » en 2050, avec un objectif intermédiaire de réduction de moitié de la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers sur la période 2021-2031 par rapport à la décennie précédente. Cette trajectoire progressive est à décliner dans les documents de planification et d'urbanisme. Cet exercice de territorialisation permet de moduler le rythme d'artificialisation des sols en tenant compte des besoins et des enjeux locaux, ainsi que de l'équilibre territorial. Les collectivités disposent donc d'ores et déjà des moyens pour agir, de manière territorialisée, en faveur d'un aménagement durable des territoires, sobre en foncier et protecteur des terres agricoles. Il est désormais de la responsabilité des collectivités de se saisir de ces outils dans le cadre d'une planification stratégique de leur territoire favorisant le renouvellement urbain à la consommation de nouveaux espaces, notamment par le recyclage de friches et la réhabilitation du bâti existant, et les formes urbaines économes en foncier.

Données clés

Auteur : M. Peio Dufau

Type de question : Question écrite

Rubrique : Urbanisme

Ministère interrogé : Aménagement du territoire et décentralisation

Ministère répondant : Aménagement du territoire et décentralisation

Dates :
Question publiée le 20 mai 2025
Réponse publiée le 29 septembre 2026

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