Mercredi 17 juin, madame la députée Danièle Obono (LFI, Paris) a présenté une communication sur l'impact de la guerre en Iran sur la politique énergétique européenne.
Cette communication dresse le constat d'un changement de paradigme. Le blocage du détroit d'Ormuz, consécutif au déclenchement de la guerre le 28 février 2026, a provoqué la plus grave crise d'approvisionnement pétrolier de l'histoire récente sans pour autant entraîner, à ce jour, de rupture d’approvisionnement en Europe. Le risque énergétique est moins celui d'une pénurie, c'est-à-dire d'une tension sur la ressource, que celui d'une tension sur les prix. Même dans les scénarios les plus sévères, l'Union ne manque pas de gaz naturel liquéfié ; mais les prix peuvent atteindre des niveaux dont les dommages économiques – inflation, contraction de la croissance, dégradation des comptes publics – sont comparables à ceux d'une pénurie physique. En 100 jours de conflits, l’Institut Jacques Delors estime ainsi les surcoûts d’approvisionnement pour l’Union à environ 60 milliards d’euros.
Ce constat commande une double exigence. À court terme, la protection des consommateurs les plus exposés appelle des aides ciblées et préservant le signal-prix, à rebours du bouclier tarifaire de 2022, coûteux et anti-redistributif, ainsi qu'un partage du coût de la crise par la taxation des profits exceptionnels, une coordination à 27 de la réduction de la demande et la constitution de stocks stratégiques européens, seule à même de peser sur des marchés mondialisés. À long terme, seule la décarbonation de l'économie neutralise durablement l'exposition de l'Union aux chocs d’offre négatifs. Chaque usage électrifié et chaque kilowattheure économisé « chasse » des importations fossiles. Encore faut-il que cette politique soit effectivement financée, qu'elle ne soit pas débudgétisée au point de pouvoir être défaite par décret, et qu'elle accompagne les publics qui n'ont pas la main sur leur consommation.