Le 25 février 2026, la commission des affaires européennes a adopté un avis politique relatif aux conséquences du tourisme sur l'accès au logement, sur présentation d'une communication de Mme Colette Capdevielle, députée des Pyrénées-Atlantiques.
Les territoires touristiques sont particulièrement touchés par la crise européenne du logement. La croissance exponentielle des plateformes de location de courte durée, qui atteignaient un record de 854 millions de nuitées en Europe en 2024, a en effet contribué à la hausse des prix immobiliers et à une attrition du parc résidentiel classique, qui entraînent l'éviction des résidents permanents et la transformation du tissu économique des villes.
Face à l'ampleur du phénomène, plusieurs villes européennes ont mis en place des mesures ambitieuses pour réguler les meublés de tourisme. Elles font cependant face au manque de coopération des grandes plateformes et à de nombreux recours contentieux, qui contestent la compatibilité des régulations avec la libre prestation de services garantie au niveau européen.
L'avis politique appelle ainsi à un engagement fort de l'Union européenne au service de l'accès au logement, en appui à l'action des autorités locales et nationales et dans le plein respect du principe de subsidiarité. Il invite notamment les institutions européennes à reconnaître un droit fondamental au logement, à assurer la pleine application du règlement sur le partage des données par les plateformes de location de courte durée, et à renforcer la responsabilité des grandes plateformes quant aux contenus qu'elles hébergent. L'avis politique affirme enfin la pleine vigilance de la commission quant à la prochaine initiative législative sur les locations de courte durée annoncée dans le cadre du plan européen pour des logements abordables du 16 décembre 2025.